Fête d’indépendance

Au Burkina Faso, on se perd dans les dates commémorant l’indépendance. Si le 5 août est la date réelle de la proclamation de l’accession du pays à la souveraineté nationale, celle-ci passe inaperçue. La date est fériée mais toutes les cérémonies commémoratives ainsi que le discours à la nation du chef de l’État sont renvoyées au 11 décembre, date de la proclamation de la République au sein de la Communauté française.
Très tôt après l’indépendance, la date du 11 décembre a été préférée pour plusieurs raisons : éviter que la fête ne soit gâchée par la pluie, août étant le mois le plus pluvieux de l’année dans le pays ; les élèves dont on a besoin pour le défilé sont en vacances en août. Août est également le mois des travaux champêtres pour l’écrasante majorité de la population qui est paysanne.
Après le coup d’Etat du 4 août 1983 qui a instauré un régime révolutionnaire, le 11 décembre et le 5 août ont été considérées comme des fêtes de réactionnaires.  La fête nationale était désormais le 4 août.
À l’avènement de la IVe République au début des années 90, la classe politique était divisée sur la question des dates : les anciens prônaient un retour au 5 août tandis que les jeunes issus de la révolution étaient pour le maintien du 4 août. Pendant quelques années ces deux dates étaient fériées. Même le 15 octobre marquant le mouvement de «rectification», c’est-à-dire l’arrivée de Blaise Compaoré au pouvoir en 1987 était férié. 

L’Assemblée nationale finit par trancher. Le 11 décembre considérée plus consensuelle est retenue même si la vraie date de l’indépendance reste le 5 août. Si bien qu’officiellement on ne parle pas de fête de l’indépendance au Burkina mais de fête nationale.
La situation perturbe les  «pays amis» désireux d’adresser des messages de félicitation. Certains d’entre eux continuent d’envoyer leurs télégrammes en août.